Ce que mon parcours m'a appris

Sportif de haut niveau, tir à l'arc. Avant le terrain, il y a eu la compétition. J'ai fait partie de l'équipe de France junior de tir à l'arc de septembre 2000 à juillet 2003. J'ai été plusieurs fois champion de France, médaillé d'argent aux championnats du monde jeunes par équipe (tir en salle, mars 2001, Florence) et médaillé de bronze aux championnats du monde jeunes par équipe (tir olympique, août 2002, Nymburk).

Le tir à l'arc m'a appris à me préparer, à gérer mon stress et à rester précis sous la pression. Je ne le savais pas encore, mais ces compétences allaient devenir de précieux alliés sur le terrain, pour décider et dépasser la peur.

Pierre-Yves Pengam, fondateur de Résilise

Police nationale, douze ans. J'y ai rencontré la violence et la misère sociale. Je me suis retrouvé face à face avec des individus violents. J'ai mis en sécurité des familles, des témoins, des soignants, des pompiers, des collègues. J'ai connu l'adrénaline des interventions, et la peur aussi. J'ai appris, parfois sur le tard, à gérer mon stress et à décider dans des contextes hostiles.

Ces années m'ont donné un regard plus aiguisé : repérer plus tôt une situation qui bascule, une menace qui se dessine. Elles m'ont aussi donné des méthodes, celles que les forces de l'ordre, les forces armées et les secours utilisent pour décider vite et bien quand tout se dégrade.

Pierre-Yves Pengam en uniforme de la Police nationale

Éducation nationale, six ans. Comme conseiller sécurité, j'ai accompagné les chefs d'établissement bretons dans la gestion des événements et des crises. Souvent, je les ai conseillés. Parfois, je les ai mis en sécurité, et j'ai reçu des projectiles en le faisant.

J'ai formé 500 cadres de l'Éducation nationale à la gestion des situations sensibles et à la gestion de crise. J'ai aussi formé des directeurs d'école, des enseignants et des équipes de vie scolaire.

Pourtant, je ne connaissais rien à la formation en arrivant. Les premières sessions m'ont beaucoup stressé. Très vite, j'ai compris que j'étais à ma place. J'y ai pris, et j'y prends toujours, un immense plaisir.

Camaret-sur-Mer, le jour où tout a commencé

Un jour, j'anime une formation gestion de crise de trois jours pour des chefs d'établissement du Finistère, dans un hôtel en bord de mer. Au programme : des mises en situation réalistes. Un collègue, ancien policier lui aussi, joue un parent agressif. Il le joue très bien.

Deux membres du personnel de l'hôtel, mal informés, se précipitent vers la salle, inquiets. Nous les rassurons et leur expliquons. Leur réaction me surprend : « Nous, on n'a jamais ce genre de formation. Les clients mécontents, parfois agressifs, on les gère comme on peut. »

Ce jour-là, une graine a germé. Ces outils, nés sur le terrain, pouvaient servir bien au-delà de l'école.

Pourquoi Résilise

Ma vocation est simple : aider. Transmettre ce que j'ai appris sur le terrain, pas dans les livres, même si j'ai beaucoup creusé le sujet. Résilise est ma façon d'être utile.

J'ai aimé ma carrière, même quand les contextes étaient éprouvants. Mettre aujourd'hui cette expérience au service des autres n'est pas une fierté. C'est une profonde satisfaction.

Des formations sur l'incivilité, il en existe beaucoup. Ce que j'apporte est différent :

D'où vient le nom Résilise ?

Résilise est la contraction de résilience et de crise. Le nom est né d'une conviction : on ne peut ni prévoir ni éviter totalement les situations de violence et les crises. Mais on peut s'y préparer, s'y entraîner, et apprendre à réagir avec méthode et calme.

Pierre-Yves Pengam sur le terrain, lors d'une formation

Ce en quoi je crois

La bienveillance. Une incivilité, une agression, une tuerie de masse : ces sujets peuvent réveiller une émotion chez un participant, à cause d'une histoire personnelle, professionnelle, ou celle d'un proche. J'invite chacun à participer, car c'est en pratiquant qu'on repart avec des réflexes. Mais chacun peut se mettre en retrait, à tout moment. C'est rare, mais cela arrive. Alors je reste attentif, pendant et après la formation. Je ne suis pas psychologue. Mon rôle est de savoir repérer, et si besoin d'orienter.

L'exigence. Du premier rendez-vous à l'attestation de formation, tout est cadré. Ce cadre ne m'empêche pas d'adapter : chaque groupe est différent.

Les exercices et les mises en situation se déroulent dans un cadre sécurisant et sécurisé. Dès le début de la formation, je présente ce cadre et ses règles aux stagiaires. Les limites sont claires : si une règle est franchie, j'arrête l'exercice, puis on le reprend ou on le recommence.

Le stagiaire qui joue un rôle porte une chasuble. Les autres voient ainsi un acteur, pas un collègue. À la fin de la scène, il retire sa chasuble et sort de son rôle. Je lui demande alors comment il va.

Le concret. J'explique uniquement ce qui sert sur le terrain. Un exemple : sous un stress intense, le cerveau bascule en mode survie, et la réflexion passe au second plan. Comprendre cela change tout. On accepte mieux ses propres émotions, et celles des autres. Face à une personne agressive, on la laisse exprimer sa colère avant de chercher à raisonner avec elle. En cellule de crise, on apprend à garder la tête froide pour décider, malgré la pression. Le reste du temps, on s'exerce.

L'honnêteté. Je ne vous promettrai jamais qu'une technique fonctionnera à chaque fois. Chaque situation est unique, et ce qui apaise une personne peut en irriter une autre. Ce que je vous promets, c'est autre chose : en s'entraînant, vos équipes gagnent en confiance. Elles repèrent plus tôt les signaux d'alerte. Elles prennent de meilleures décisions pour se protéger, protéger les autres et protéger votre activité.

Repères

Et si on parlait de vos équipes ?